mercredi 18 septembre 2013

PHOTOGRAPHIES / FILM: “LE TEMPS DU TEMPS”, UNE TRILOGIE VIDEO DE ET AVEC DES PHOTOGRAPHIES DE SYLVAIN DESMILLE.





Au bord du souffle, de Sylvain Desmille © 












Cette vidéo réalisée à partir des photographies de Sylvain Desmille © a été diffusé lors de l'exposition "Univers photographiques" qui s'est tenue en novembre-décembre 2012 à la Maison des arts d'Antony. 

D’une durée totale de 14 minutes, elle se divise en trois actes. 

"Rêveurs" met en scène des photographies de statues antiques. 

"Les gisants" se réfère au travail sur les dalles mortuaires  des églises sur lesquelles chacun marche sans y prêter attention. 

Enfin, "Au bord du souffle" met en abîme les photographies déposées et oubliées dans les cimetières et érodées par les intempéries. 

L'ensemble est une réflexion sur l'effacement, l’usure, l’érosion, le silence  mais aussi sur la part de retenue et de résistance de la forme lorsque les éléments ou la conjoncture s’attaquent moins à l’image qu’à la matière même qui la constitue. 

La plupart ses gisants ne sont plus que des lignes à peine esquissées, à peine visibles - entre le visible et l’invisible, tantôt filigrane et tantôt palimpsestes - que seule la photographie restitue. 

J’ai commencé à photographier les photographies déposées sur les tombes quand, déambulant dans les cimetières parisien, j’ai vu que la Mairie récupérait - très légalement et très officiellement - les concessions dites à perpétuité au prétexte qu’elles n’étaient plus entretenues, afin de les revendre. La plupart des tombes concernées étaient celles des Juifs dont, j’imagine, les familles ne pouvaient plus s’occuper puisque leur descendance avait été décimée dans les camps de concentration - les dépouilles et les cendres elles-mêmes perdues,  épandues, dépourvues de sépultures. J’ai considéré qu’il étaient de mon devoir de les photographier, et les images qui étaient déposées dessus aussi, avant qu’elles ne disparaissent pour de bon, dans l’anonymat des catacombes ou des charniers collectifs. 

Les rêveurs enfin renvoient à un autre travail. Les photographies des statues sont aussi celles  des habitants de ma Cité des Immortels, dont je suis en train de dresser le portrait et l’architecture. 

Ces trois séquences ne sont en réalité que des extraits d’une oeuvre conceptuelle beaucoup plus considérable et conséquente. Chacune d'entre elles constitue une suite sans fin que je poursuis et développe depuis plusieurs années. 



Sylvain Desmille © 












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